Les bases de l’éducation Danoise qui nous inspirent

Parmi les pays d’Europe, le Danemark est un des pays où nous trouvons les gens les plus heureux. Dans le classement des Etats d’Europe par indice de bonheur mis à jour le 22/02/21, les danois sont classés n°2. Sur le modèle éducatif danois, deux américaines, Jessica-Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl, ayant élevé leurs enfants au Danemark explique les mérites de la philosophie danoise en matière d’éducation au travers du livre « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ».

Au Nidou, cet état d’esprit Danois nous inspire profondément. Nous essayons d’implémenter certains de leurs préceptes afin d’adopter une posture neutre et positive vis-à-vis des enfants.

Elles citent ainsi en exemple les 6 éléments de bases qui fondent ce de modèle d’éducation :

  1. Le jeu libre
  2. L’authenticité
  3. Le recadrage
  4. L’empathie
  5. Pas d’ultimatum
  6. Le hygge (convivialité 100 % danoise)

1. Jouer librement

Favoriser la liberté des actions initiées par les enfants, tel est l’état d’esprit du jeu libre, car l’idée première est de valoriser la créativité de l’enfant. Les auteurs ont noté que dans les principes éducatifs de l’éducation danoise, les parents laissent les enfants jouer seuls dans le but de nourrir leur imaginaire. Elle rappelle ainsi « Saviez-vous que le jeu libre apprend aux enfants à devenir moins anxieux ? Il leur enseigne la résilience. »

L’ouvrage fait de cette manière un parallèle à notre éducation, en rappelant que nous avons tendance à pratiquer plusieurs activités culturelles, sportives et musicales pour forger nos enfants à la réussite. Les Danois pensent que si nous éduquons nos enfants pour qu’ils réussissent et pour obtenir quelque chose, ils auront tendance à se focaliser pour cet « objet de réussite », et non plus sur ce qu’ils désirent profondément. Le modèle Danois prône de ce fait, la confiance et la créativité comme élément moteur pour que les enfants maîtrisent les sujets par eux-mêmes.

 

2. Rester authentique

Parmi les éléments de bases qui composent l’éducation danoise, il est d’usage de recadrer les pensées ou tout autre comportement dérangeant de la part des enfants. Le recadrage mental ressemblerait à s’y méprendre à du développement personnel implémenté depuis l’enfance.

 

  • La prise de conscience des paroles jugeantes

Au Danemark, au lieu de dire « je déteste ça », « je suis nulle », « c’est nul »… ou tout autre affirmation négative, l’on préfèrera nuancer les proposer en affirmant « j’aime moins ceci », « je me sens mal à l’aise avec ce jeu… » etc. Les parents entrainent ainsi leurs enfants à voir les choses sous un angle différent en étant moins négatif.

 

  • S’entraîner à redire les choses différemment

Comme l’optimisme est un art de vivre au Danemark, la formulation de ce qu’on pense doit l’être également car fondamentalement, plus nous affirmons les choses de manière positive, plus cela porte une influence sur notre bien-être. Les Danois entrainent ainsi leurs enfants à penser et à dire les choses de manière plus nuancée et positive.

 

  • Ne pas être « sectaire » dans nos paroles

Utiliser des mots en superlatifs « jamais », « il faut », « toujours »… etc sont considérés comme des langages réducteurs qui ne laissent pas d’ouverture à l’affirmation et peuvent influencer les rapports avec les enfants.

Chez les Danois, il est préférable de remplacer ses mots « tranchant » par des mots plus « ouverts » comme par exemple « il vaut mieux », « il n’est pas encore », « pour le moment »… etc cela change les perspectives des situations.

 

  • Ne pas étiqueter son enfant

Attribuer une étiquette à son enfant reviendrait à catégoriser l’enfant et le limiter dans le développement de sa personnalité. Dans la philosophie Danoise, il est préférable de dire « La colère le submerge » plutôt que de dire « il est colérique ». Séparer le qualificatif de la personne permet de ne pas pointer du doigt le défaut de l’enfant.

 

  • Transformer les défauts en qualité et les voir en potentialité

Les défauts, vus sous un angle différent peuvent être des qualités. Tout dépendra donc de l’angle et du point de vue que nous adoptons face à la situation. Au lieu de dire « il est boudeur » par exemple, les Danois auront tendance à dire qu’ « il aura tendance à se rendre exigent quand il choisit ses jeux parce qu’il préfèrerai ce type de jeu ». Il est pour eux important d’avoir un point de vue plus ouvert qui n’enfermerai pas son enfant dans une affirmation plus directe.

 

 

  • Adopter un langage positif et constructif

Exprimer son mécontentement est une habitude dans notre mode d’éducation et c’est d’autant plus un « sport national » en France. On aura même tendance à penser que « se comporter bien » est un dû. Dans l’état d’esprit Danois, il est plus important d’exprimer son contentement face aux comportements de nos enfants et de les valoriser pour les aider à avoir des comportements plus positifs pour eux-mêmes et les autres. Voir ce qui ne va pas en premier aura tendance à l’influencer vers ce qui est négatif. Il est donc préférable d’encourager ce qui est positif et ce que l’enfant va faire suivant notre demande.

 

  • Utiliser l’humour pour surmonter les crises

A toute épreuve, l’éducation Danoise prône la positivité. Quelque soit la situation, qu’il y ait des crises, des blocages, l’humour aiderait à dédramatiser, renforcer les liens et surmonter les crises ? Ce qui est drôle et inattendu se mémorise plus aisément.

 

4. Être empathique

Vivre comme un Danois, c’est prendre en compte le bonheur des autres pour se rendre heureux. L’empathie et son apprentissage est une caractéristique centrale dans la vie quotidienne.

Les parents se montrent comme des modèles de paroles et de comportements et sont influencés par le philosophe Knud Ejler Løgstrup. Selon lui, les parents sont responsables dans le développement de l’esprit des enfants, que ce soit au travers des activités, des transferts de connaissances, mais aussi en développant leurs aptitudes empathiques. De cette manière, les histoires qu’on raconte aux enfants leur apprennent à être empathique dans n’importe quelle situation.

Le langage danois s’appuie sur les 4 principes suivants

  • Être à l’écoute de manière bienveillante et empathique : ils ne nient pas ni ne minimisent les émotions, ils vont au fond des pensées et des motivations, ils parlent de leurs besoins plutôt que d’exiger, les problèmes sont tournés vers des solutions.
  • Ils ne pointent pas du doigt les défauts des enfants : que ce soit leurs enfants ou ceux des autres. Ils n’en parlent jamais en mal ni se montre désagréable envers les autres.
  • Il faut être compatissant sur les comportements pénibles : « elle est certainement fatiguée, elle n’a pas encore mangé », « tu penses qu’elle avait faim, elle a beaucoup pleuré ». Les parents font l’effort de comprendre les enfants en remettant en contexte « la difficulté ».
  • Ils attirent l’attention sur les états émotionnelles et les expliquent : « Tu as vois elle a l’air en colère parce qu’elle pensait trouver son jouet »

 

Depuis la maternelle, dans leur programme, on leur apprend à exprimer les émotions : la peur, la colère, la tristesse, la joie, la frustration… Les enfants expriment ce qu’ils ressentent et mettent l’accent sur la prévention du harcèlement.

 

A l’école, il est enseigné l’empathie indirectement. Pour veiller à apprendre des uns des autres, ils mélangent les enfants suivant leurs forces et leurs faiblesses en les rendant complémentaires : les élèves plus rapides aident ceux qui le sont moins, les plus téméraires travaillent avec les plus discrets … etc

 

5. Ne menacez pas votre enfant

Les auteurs du livre soulignent également l’absence de menace dans l’éducation Danoise. Ils ne poussent pas à les obéir pour que les enfants se conforment à la demande des parents.

La philosophie Danoise dans l’éducation privilégie la collaboration et l’empathie plutôt que d’utiliser la menace, le pouvoir ou la punition. Les parents sont fermes et engagés dans leurs valeurs éducatives :

  • Le parent se questionne sur ses valeurs éducatives : ils les listent et les combinent en couple, en famille ou en groupe
  • S’engager à ne pas user de punitions et le faire devant témoin
  • S’engager à ne pas crier sur les enfants: crier doit être une question de vie ou de mort quand le danger est là. C’est certainement un engagement compliqué à tenir en réalité. Ces situations sont désagréables pour tout le monde et peut fragiliser les rapports. Aussi, comme nous sommes des modèles pour nos enfants, il est essentiel de gérer ses émotions.

6. Être convivial

La convivialité, le confort, le cocooning et au centre des usages chez les Danois qu’ils appellent le « hygge ». Cet état d’esprit aide à contribuer à des relations de proximité qui sont pour eux la traduction d’un bonheur personnel et collectif.